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La dépression et moi…..

Parfois il y a des sujets plus difficiles à aborder sur un blog que des voyages, du maquillage, des livres…. C’est pour cela que j’ai décidé de parler d’un sujet un peu mois léger, car ça fait partie de la vie, de ma vie.

En juin, un matin je me suis réveillée en pleurs, des pleurs qui n’arrivaient pas à cesser. Des jours et des jours que je n’avais pas mangé, juste avalé quelques verres d’eau, et des idées noires à ne plus en finir. Un appel en urgence à mon médecin afin de prendre rendez vous pour lui parler de mon état de santé. Un rendez vous pris 3 heureus plus tard. 3heures où je me suis posée la question sur le bien fondé de mon rendez-vous, puis arriva l’heure de mon rendez-vous, j’ai parlé avec mon médecin en lui expliquant que je n’allais pas bien, que je ne faisais que pleurer, que je ne m’alimentais plus, que je n’avais plus envie de vivre malgré mes enfants, que j’étais lassée de tout. Il me questionna comment ça avait commencé, je lui ai parlé d’une rupture sentimentale qui n’était que la petite goutte qui a fait débordé le vase, le vase de problèmes divers et variés (personnels et de santé). Le verdict tomba, j’étais en pleine dépression nerveuse. Il m’administra des antidépresseurs, des anxiolytiques  et des somnifères car dormir non plus ne faisait plus partie de ma vie. Il m’assura que le chemin serait long mais que l’on peut s’en sortir et me dit que les 3 premières de traitement seraient les plus dures de tout ce que j’avais à vivre.

En effet 48h après l’administration des premiers cachets, les idées noires étaient là de plus belle, je ne mangeais plus, je ne sortais pas de sous ma couette sauf pour m’occuper des enfants, je ne dormais pas pour autant, je ne m’approchais même pas de trop de la fenêtre de chez moi car l’envie d’y sauter était là, ni n’allait me promener en bord de fleuve car c’est comme s’il m’appelait pour me happer… Je crois que j’ai pleuré au moins 20h/24 pendant 3 semaines, je voyais mon médecin très souvent, il me pesait (il m’a même donné des boissons hyperprotéinés car je perdais trop de poids), me parlait, essayait de me rassurer, me disant qu’il fallait que je m’accroche, de regarder mes enfants quand les idées noires étaient trop là. Je lui ai même répondu un jour et quand je regarde mes enfants et que ça serait sûrement mieux pour eux que je ne sois plus là je fais comment? Et là il me dit serre encore les dents un peu, serre tes petits dans tes bras, tu aimes trop tes enfants pour te faire du mal quand tu les as dans les bras. Et c’est ce que j’ai fait. L’appétit ne revenait pas, ma fille âgée de 15 ans 1/2 me donnait des tous petits bouts de gâteaux pour essayer de me redonner goût à manger.

Cet été tant que mes enfants étaient avec moi, ça n’allait pas trop trop mal (je dis pas que j allais bien mais j’arrivais parfois à ne pas pleurer pendant 2,3 heures à la suite c était déjà une victoire).

Puis la rentrée scolaire en septembre arriva, et là j’ai de nouveau chuté au plus bas, je ne voulais plus de cette vie et pourtant je n’arrivais pas à avoir ce courage pour changer les choses, mon anniversaire fin septembre aucune envie de le fêter, les semaines passaient et se ressemblaient cruellement, je voyais mon médecin, le psy aussi, ma vie m’ennuyait et pourtant rien n’y faisait, je n’arrivais pas à me sortir de cette spirale, je m étais isolée de tous…

Puis fin octobre arrivait, les 16 ans de ma fille, je l’ai emmené au restaurant j’ai mangé un petit peu en picorant dans son assiette, je l’ai vu ce soir là sourire, des mois que je n’avais pas vu ma fille sourire de si bon coeur, je la trouvais belle, rayonnante. Alors je me suis dit Maud faut que tu t’en sortes pour la voir sourire de nouveau tous les jours, et puis pour ses petits frères. J’ai essayé et pourtant rien n’y faisait j’avais l’impression de faire un pas en avant trois pas en arrière.

Le mois de novembre s’écoula avec son lot de pleurs, puis décembre également. Je n’arrivais pas à préparer Noël pour la première fois de ma vie je n’ai pas mis de sapin, ni décoré la maison. On passa un Noël plus que tranquille, et mon dernier tomba malade le 26 décembre, une grosse fièvre une belle éruption cutanée, un 31 aux urgences pédiatriques qui nous annoncent après un verdict de sos médecins qui m’avait annoncé une roséole, eux m’annoncent la scarlatine. On sort quelques heures plus tard avec un traitement antibiotique, la semaine se passe, le petit tjs de la fièvre, le 10 janvier je le conduit de nouveau à l’hôpital et là un nouveau verdict tombe, Paolo a besoin d’être hospitalisé pour 48 heures…. Ok je pleure mais à ce moment là,quelque chose se passe en moi, le petit aura besoin de moi donc faut plus pleurer. Mes larmes ont quasiment arrêté de couler à ce moment là, et heureusement il y a eut 22 jours d’hospitalisation, des verdicts bcp plus lourds que ceux annoncés au début de l’hospitalisation. La maladie de mon fils a été l’élément déclencheur pour que je m’en sorte, pour que je me batte avec lui contre la maladie, à ce jour je pense que le gros de la dépression est derrière moi, je pleure quasiment plus, on va me baisser mon traitement, je remange, je soutiens beaucoup mon petit dans tout son parcours médical, et j’essaie de jouir de chacun des petits moments magiques que m’offre la vie. Alors quand je vois les gens qui disent la dépression c’est rien, non la dépression on ne peut en voir la gravité que si on l’a vécu, même si on est confronté via une personne de notre entourage on ne peut pas se mettre à sa place, il faut je pense que la personne dépressive soit entourée mais pas étouffée. Et il faut que la personne dépressive veuille s’en sortir ou ait un élément déclencheur comme le mien pour aller mieux. Je ne dis pas à ce jour être complètement guérie mais je pense que j’ai effectué les 75% de mon processus de guérison. Il reste encore un peu de chemin à parcourir mais je suis sur la bonne voie.

Merci à ceux qui ont été là quand j’en ai eut besoin, et cette dépression m’a permis de voir que les gens ont peur de la maladie et que bien souvent ils la fuient. Et les donneurs de leçons sur la dépression qui  n’en ont jamais vu la couleur vous pouvez vous garder vos conseils, il faut l’avoir vécu pour en parler ou tout du moins au minima par procuration (vivre avec une personne dépressive ce n’est pas évident  je pense).

Cet article n’est pas dans le but de faire pleurer dans les chaumières mais c’est une tranche de ma vie que je peux parler désormais en la regardant d’un peu de haut et c’est une grande avancée pour moi. J’aurais juste aimé parfois avoir des visites quand j’ai appelé au secours…

13 réflexions au sujet de “La dépression et moi…..”

  1. Hello Maud 🙂

    La dépression sujet tabou par excellence avec son lot de commentaire acide de ceux qui ne comprennent pas pourquoi ça t’arrive et qu’il suffit de se bouger les fesses …
    Mais c’est une Maladie et sérieuse qui doit être accompagnée par des soins du corps et de l’esprit !
    Il est vrai et je te rejoins sur le fait que comprendre et savoir réagir face a cette maladie est réellement difficile.
    Alors je souhaite de tout coeur que ta guérison va continuer à vitesse grand V !!!
    Fais tes efforts d’abord pour toi et l’amour que tu feras jaillir sera la plus belle chose pour tes enfants .

    Je te dis ça parce que moi aussi j’ai vécu cet enfer et que j’ai la change d’avoir vaincu tous ces obstacles…

    Bisous

    Hervé

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  2. Très bel article Maud. Malheureusement, je m’y suis reconnue. Les antidépresseurs et les anxiolytiques j’ai connu. Les problèmes familiaux aussi.
    Il suffit parfois d’une toute petite chose pour nous faire perdre pied et tomber dans la dépression, la goutte qui fait déborder le vase comme on dit.
    Je vais sur mes 20 ans et cette longue période de ma vie je ne la souhaite à personne.
    Plein de bisous à toi et tes enfants ❤

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  3. Oui, vraiment très bel article, très touchant … Bien sur , on s’y reconnait, on y reconnait aussi l’incompréhension de l’entourage, les séries de « t’as qu’a t’bouger » … Oui, c’est compliqué, douloureux, pénible … Mais je veux croire, qu’en prenant conscience qu’on ne va pas bien, qu’on a les bons interlocuteurs pour avancer, les amis à qui on décide de se confier, et bien sur le travail sur nous même que nous devons entreprendre, tout peu devenir possible, péniblement, douloureusement, avec des remis en cause, avec la volonté d’avancer, de s’en sortir, de choisir le coloré, le souriant, le joli, les jours qui commencent à rallonger, le printemps qui finira par repointer son nez …
    Je veux croire à des jours plus souriants …
    Te souhaite Maud d’aller mieux, très vite, de profiter de tes enfants, de te retrouver, de re sourire très vite a ce que la vie nous propose …

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  4. Tu ne fais pas pleurer dans les chaumières, tu retraces une partie très difficile de ta vie, parfois je m’y suis reconnu, et tu as entièrement raison, on ne peut comprendre que si on a déjà vécu une situation identique… d’ailleurs, il en va de même pour d’autres situations.
    Bravo pour ton courage et je te souhaite de continuer à avancer…
    PatouPat51 (twitter)

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  5. La dépression,quand çà arrive, contrairement à ce que certaines personne qui croient tout savoir est un moment que je ne souhaite à personne.Certain remonte la pente sans médicament,sans vouloir d’aide,il faut une volonté de fer,d’autres ont plus de mal mais le courage et la volonté que tu as eu parce que tu sais et qu’il y a au fond de toi un je ne sais quoi qui te dit quand tu es bien bas…que tu as des enfants et qu’ils ont besoin de toi,toi tu n’as envie de rien,eux sont là,bien présent mais ne savent pas comment t’aider alors un petit sourire,une petite caresse,une petite tendresse sont tout l’or du monde.
    J’ai eu ce problème un jour,un copain m’avait dit de prendre des cachés anti-dépresseur,de voir un psy,je ne l’ai pas fait.Ce qui m’a aidé,ce sont les triplés car s’ils n’avaient pas été là,j’aurai peut-être sombré,ce sont aussi mes amis (les vrais) et qui ne m’ont pas lâché.Parfois la famille ne comprend pas.
    Tu as Maud, ce que beaucoup n’ont pas:le courage et la volonté.L’amour de tes proches et de l’amour que tu as pour les tiens t’a aidé à remonter la pente.Courage le bout du tunnel arrive.Prend bien soin de toi.Tes lecteurs ont besoin de toi.A bientôt.
    Filou

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  6. Mettre le doigt sur l’incompréhension des autres, admettre que c’est seul (ou presque) qu’on en sortira… c’est déjà le début de l’éclaircie. Votre récit est juste à propos de cette souffrance, cette maladie, ce handicap. En parler, c’est aider et s’aider.
    P.

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  7. Contrairement à certains commentaires, pour moi la dépression fut la plus belle chose qui me soit arrivé, je remercie la vie de m’avoir permis de me rendre compte que je n’allais nul part… La dépression m’a sauvé la vie !

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  8. Merci de ce témoignage qui m’aide à comprendre et qui me permettra d’être plus vigilante envers les personnes en souffrance. Je ne suis pas passée par la dépression mais il m’est arrivé d’avoir de gros moments de déprime. Pour surmonter les moments difficiles (notamment les crises d’anxiété) et éviter de prendre trop d’anxiolytiques, je me suis mise à la méditation. ça aide beaucoup. Bon courage.

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