Adieu maternité

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(pour ma dernière grossesse quelques heures avant d’accoucher)

Cette nuit j’ai fait un étrange rêve, celui que j’attendais un enfant, que je devenais maman encore une fois. Tout cela en accéléré. Pas de soucis de grossesse, une grossesse en pleine forme, passée à la vitesse de l’éclair. Ce qui me fait drôle, c’est qu’il y a 21 ans tout juste je devenais maman pour la première fois.  Bon on va passer les détails, que ce n’est pas une vie de famille comme ça que je voulais mais pour rien au monde je regrette d’avoir fait des enfants, je n’aurais jamais voulu d’autres enfants que les miens.Mais ma situation familiale, de santé et mon âge me font dire adieu à la maternité. Et ça fait bien quelques mois que j’y pense. Bien sûr j’aurais aimé avoir fait ce choix, que plutôt que la vie me l’impose, j’aurais voulu qu’avec mon compagnon on se dise, nous sommes comblés de bonheur, on a les enfants que nous voulons. Sauf que ce n’est pas tout à fait le cas, je n’ai pas de chéri, et pas la vie de famille que je veux, ainsi que la santé qui va pour faire un enfant dans des bonnes conditions.  Alors il faut se résigner, à 41 ans je n’aurai plus d’enfants et quelque part ça me fait un petit pincement au coeur car je ne l’ai pas choisi. Si ça avait été mon choix, je pense que ça me ferait moins ce pincement au coeur. Mais faut être réaliste, j’ai 41 ans, je n’ai plus la santé de mes 20 ans ou 30 ans, pas de chéri…

C’est un vrai travail de deuil, il faut un temps pour l’accepter me semble-t-il. Comme pour tout deuil, c’est un travail sur soi, un travail de soi. Accepter que je ne reniflerai plus jamais un petit cou de bébé, enfin un bébé à moi. Le temps passe, et il faut accepter que je vieillisse, que je suis célibataire, que mes enfants grandissent que j’ai une fille qui a 1 an de plus que l’âge que j’avais quand je l’ai eue.

Je me souviens avec émotions, de chacune de mes grossesses, de cette grossesse si facile pour ma fille, une forme olympique jusqu’à la fin et un mardi précédent mon accouchement à arpenter les rues, les allées d’un centre commercial avec la marraine de ma fille car je savais que c’était le moment d’accoucher malgré une visite le matin qui me disait le contraire que mon col n était pas mature, que le bébé était haut et que j’avais plus de 3 semaines encore pour accoucher. À la suite d’un bon repas avec famille et amis, j’ai eu quelques contractions, et peu de temps je suis partie avec ma soeur à la maternité. Un premier accouchement sans péridural pas par choix mais l’anesthésiste était soit disant trop occupé (alors que mon gynéco l’avait vu parler dans les couloirs en train de rigoler tasse de café à la main, il lui a poussé une soufflante!!!). Je me souviens la découverte de ce petit bébé, si parfaite, je l’ai observée longuement, je la trouvais si joliment parfaite, pas fripée du tout, un joli crâne, de jolies mains, des petits pieds si mignons, Et là j’ai pris la claque de ma vie, en réalisant que je serais à jamais maman.

Je me souviens de cette seconde grossesse, j’ai été si fatiguée, si angoissée pour cette grosseur trouvée à l’écho des 5 mois, et cette longue attente de 6 semaines avant de savoir que cette grosseur était partie. Je me souviens de ce jour de soulagement, où je suis allée à cette échographie avec mon père, car j’avais peur du résultat. Je me souviens de cet accouchement déclenché car je faisais une pré-éclempsie. J’ai accouché à 23/18 de tension, et après j’ai été sous perfusion et les 48 premières heures avec mon fils ont été difficiles je ne pouvais pas m’en occuper, mais je me souviendrai à jamais quand on me l’a mis dans les bras en salle d’accouchement comme il nous regardait son père et moi, un bébé de 57 cms et 4kilos 160 super éveillé.

Et je me souviens de cette dernière grossesse portée à terme avec amour et angoisse de me retrouver seule avec 3 enfants. Mais ce petit bébé que j’avais peur de ne pas aimer (car grossesse découverte tardivement et une séparation dans la foulée), à fait bondir mon coeur d’amour dès que je l’ai vu. Je n’avais plus aucun doute, de plus il était exactement comme je l’avais imaginé, rêvé plusieurs fois. Alors que mes 2 autres enfants je n’avais imaginé ou rêvé à quoi ils ressembleraient.

Je suis tout à fait consciente de la chance d’avoir pu avoir 3 enfants, que la vie me gâte chaque moment avec eux. Je pense à toutes ces femmes qui n’auront jamais choisi d’avoir pu avoir le bonheur de materner, une seule fois ou bien d’avoir ce petit second tant désiré. Je ne renie pas ce bonheur que j’ai pu avoir, que j’ai chaque jour d’être maman, bien évidemment que non. Je fais juste une petit réflexion sur moi, sur le temps qui passe, sur mon temps de maman, sur mes choix.

J’ai adoré materner, je n’ai jamais eu de nombre idéal d’enfants que je voudrais, la vie a décidé pour moi.  Aujourd’hui je dis donc Adieu à un nouvel enfant à venir, je dis au revoir aux heures à regarder mon tout petit dormir, à le nourrir de mon lait, à sentir cette odeur de bébé, à entendre des gazouillis et babillages, de voir évoluer un tout petit. Il est  temps pour moi de passer à autre chose, de devoir passer à autre chose, de me concentrer sur d’autres projets, car je n’ai pas le choix. Mais aussi de rester pour toujours la maman de mes 3 enfants que j’aime d’un amour inconditionnel.

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8 commentaires sur « Adieu maternité »

  1. Pas simple de renoncer à une partie de ce qui de nous une femme… jeune !
    ça fait 2 ans déjà que je me fais à l’idée. Je pensais avoir fait mon deuil mais parfois un truc me fait réagir et me montre à quel point je n’ai pas complètement abonné l’idée de la maternité.
    Touchant ton article en tout cas… merci 🙂

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  2. Très touchant en effet. Je n’ai jamais vraiment voulu être maman, ça doit être difficile à comprendre ^^ si j’avais rencontré la bonne personne peut être que si.
    C’est finalement un deuil que j’ai fait depuis longtemps.

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      1. Ah ben bien sur que je te comprends.
        Je n’ai rien pu faire de ce que je pensais: pas de famille, pas de copain, pas d’enfants nés de ma chair donc oui je te comprends. Et te dire que je suis heureuse d cette situation… pas du tout et il est trop tard pour que ca change. La douleur, le regret et la tristesse m’accompagnent plus que très souvent
        Je te comprends Maud

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  3. Touchée par tes écrits qui racontent si bien ton vécu et qui par le plus grand du hasard ressemblent à mon vécu.
    Un truc de dingue!
    Nos points en communs défilent au fur et à mesure de tes témoignages, et c’est certainement cela qui me touche profondément.
    Dire adieu à la maternité est un putain de crève coeur!
    Alors qu’on l’ait choisi ou pas cela reste un deuil…
    À moins d’un miracle.
    Bref.
    La prochaine étape pour nous sera donc de pouponner par procuration en devenant mamie.
    OMG !!!
    Le mot est tellement étrange à dire, écrire et pourtant c’est ce qui nous attend.
    Perso c’etait mon angoisse avec ma grande qui va sur ses 23 ans, elle a préféré les études.
    Youpiiiii
    Je m’egare, dire à dieu à la maternité est terrible.
    Donc courage à toi et que la force soit avec toi.
    Je t’emorasse et encore bravo, merci pour ce joli blog.

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