C’est bien plus qu’un au revoir

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Nous sommes dans les derniers jours de l’année. Certains d’entre nous dirons dommage ce fut une belle année, d’autres dirons enfin. Moi je vais plus me situer dans la seconde catégorie. Cette année fut dure, terriblement difficile. On pourra dire que je me plains pour rien, que je n’ai pas été encore opérée cette année, que je n’ai pas eu de décès autour de moi, oui il est vrai. Et pourtant….

Pourtant cette année 2017 a été éprouvante, à cause de la perte d’un être cher, une disparition, pas un décès mais un envol dans la nature, plus de son plus d’image, l’absence est une torture. Mais j’ai voulu continuer à avancer, faire comme si je m’en foutais, sauf que mon esprit ne s’en foutait pas, ça me réveillait en pleine nuit lorsque j’arrivais à dormir… Il y a eu aussi cet accident de voiture et puis ces évanouissements à répétition sans qu’on sache pourquoi et qui sont encore présents.

Et puis il y a eu ce matin, où je ne pouvais plus me lever, terrorisée par tout, des larmes coulaient sans que je ne sache pourquoi, je me suis levée quand même tremblante, Alors j’ai laissé trainer quelques jours, j’ai essayé pas mal de choses pour me remonter un peu. Mais rien n’y faisait., Alors un jour j’ai regardé sur le net, j’ai cherché un psychologue pas loin de mon domicile. Sa voix fut rassurante instantanément. Nous avons pris rendez-vous rapidement, nous nous sommes vus, j’ai parlé, j’étais angoissée de devoir parler de moi, à un inconnu qui de plus est un homme. Mais la première séance fut libératrice, j’exprimais ce que je savais déjà de moi, ce qui me faisait souffrir, il m’a juste aidé à les exprimer, me regarder dans mon intérieur, comme si je devais prendre tout ce que j’avais dans mon cerveau, dans mon coeur qui me faisait mal et les poser sur la table devant lui. La seconde séance fut révélatrice, il a mis le doigt sur des choses de mon passé, qui ont une incidence sur ma vie actuelle. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais j’ai été bluffée de voir à quel point l’inconscient peut nous faire faire des choses, nous mettre dans un certain mutisme, ou bien encore faire reproduire des choses. Mon psy et mon médecin disent que je souffre d’un stress post-traumatique.

Je sais que je vais mettre du temps à aller réellement mieux, de pouvoir tout cracher, de pouvoir me libérer de mes démons, de ne plus avoir peur de l’homme, de reprendre confiance en moi. Cette année 2017 aura été ponctuée de douleurs que je ne voulais pas faire sortir de moi, mais c’est un mal pour un bien, je me suis enfermée dans mon corps, dans ma tête, je ne voulais plus rayonner, j’avais mal dans mon moi, alors j’ai fait du mal à mon corps, je me suis privée de manger, comme si cette nourriture était une récompense pour des choses alors comme je n’étais jamais satisfaite de ce que je faisais je pensais que je n’avais pas le droit à cette nourriture, que mon corps me faisait défaut alors qu’il fallait que j’arrête de le nourrir.  C’est un peu paradoxale, puisque mon corps n’avait plus d’énergie il  aurait fallu justement que je me nourrisse, que je le remplisse de bonnes choses, mais ce fut tout l’inverse, j’ai puni ma machine qui se rouillait chaque jour un peu plus. Je mange de nouveau normalement, mon psy veille au grain, il me dit d’une fois sur l’autre quand il voit que j’ai maigri il fait attention à plein de petites choses avec bienveillance comme tout bon « thérapeute » au sens large du terme.

Il aura fallu que j’aille mal, vraiment mal pour que j’apprenne qui je suis ce qui me fait mal, ce tourbillon en moi a balayé toutes mes certitudes, toutes mes défenses. Aujourd’hui je suis à nue, il faut que j’apprenne à me construire, à avoir de nouvelles certitudes, à apprivoiser de nouveau mon corps, me créer de nouvelles barrières de protection. C’est long, ça me coûte beaucoup cette étape de ma vie, ça remet en l’air tout ce que je croyais acquis depuis des années. Je suis au stade d’un enfant qui apprend à marcher,  parler, puis écrire. Un enfant qui a besoin d’apprendre que la séparation de quelques heures/jours/semaines ne veut pas dire une séparation définitive. J’ai encore à ce jour besoin d’être rassurée même si je croyais avoir appris à marcher seule, c’est plus une peur de l’autre qui m’a fait penser ça, là je marche avec des béquilles.

C’est bien plus qu’un au revoir, cette année je suis pressée de lui dire adieu et pourtant elle m’a permis d’apprendre que je suis loin d’être celle que je crois, de personne sensible je suis devenue une personne fragile en phase de reconstruction. Ma vie qui était pleine de certitudes infondées au final se voit transformée en vie bourrée d’incertitudes.

 

 

 

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. carrie4myself dit :

    Le chemin sera long mais au moins tu es sur la bonne voie 😉 Plein de courage . Bizz

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  2. Sophie Metanoiada dit :

    Comme on dit souvent : « Ca va aller ». Et je ne te le dis pas uniquement par formule de politesse, mais bien parce que tout va bien aller au final. On met du temps à panser nos blessures, mais nos proches, notre environnement, de nouvelles perspectives nous font malgré tout avancer. Alors je te souhaite un bon courage pour cette route, ce voyage, qui te permettra d’atteindre le « Ca va », et je ne te souhaite que cela pour 2018 car finalement c’est le plus important !

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