L’enfant perdu

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Il y a presque 6 ans j’écrivais cette lettre,  car il y a des choses qui m’agacent, même si je suis consciente que ce sujet sur l’IVG est sensible, que moi même je m’en suis voulue d’avoir subit cela, car j’ai certaines convictions et que c’est une véritable souffrance. Il y a aussi la fausse couche qui est un vrai drame dans une vie. Pour être maman, pour avoir subit l’IVG, pour avoir vécu la fausse couche, pour avoir perdu un neveu à quelques jours de sa date présumée de venue au monde je « connais » la sensation de l’enfant perdu. Aussi bien pour avoir souffert de cela, mais aussi pour avoir vu d’un oeil extérieur la souffrance d’autres personnes à cause de ce drame. Ça fait des semaines que je pensais à écrire un billet sur l’enfant perdu, et puis dimanche soir j’ai eu les larmes quand j’ai lu le joli texte de Marie, je me suis dit ça y est c’est le moment,  il y a eu surement un déclic…. Je ne sais pas expliquer vraiment en fait, mais c’est le moment c’est tout…Je ne sais pas si on arrive un jour à se remettre de l’enfant perdu même si on a jamais pu le toucher, sentir l’odeur de bébé dans son cou, même si on ne saura jamais à quoi il ressemblera, quel voix il aura, s’il fera des études ou pas, quelle sera la couleur définitive de ses yeux, s’il aura les cheveux bouclés ou raides. Je me perds régulièrement dans mes pensées à penser à « l’enfant perdu ». J’essaie de m’imaginer par rapport à mes autres enfants quel trait de caractère il pourrait avoir et tant d’autres choses, si ma vie aujourd’hui serait la même en étant seule ou bien si je serais avec le papa….

J’essaie aussi de pardonner, de me pardonner d’avoir dû prendre certaines décisions, une personne m’a fait beaucoup de bien, j’en ai longuement parlé avec elle, j’ai pleuré tellement ce jour là, c’est pas pour oublier, je n’en suis pas capable mais j’ai tout simplement essayé de me faire pardonner, de me pardonner et d’apprendre à vivre avec ce choix si dur que j’ai dû prendre. Et puis il y a aussi ces heures à détester mon corps car il n’a pas su donner la vie alors qu’elle était en lui, il a fallu faire un vrai travail de deuil jusqu’à « l’acceptation ». Je sais que j’en ai voulu à la terre entière à 18 ans quand on m’a forcé à le faire, même si je sais qu’ils ont fait ça pour mon bien (ou le leur?), je sais que plus rien n’a plus jamais été pareil à partir de ce jour là. Je plongeais dans le monde adulte si cruel d’une bien drôle de façon. J’essaie d’avoir un peu plus de sérénité par rapport à cela, de continuer à grandir. Je suis à un âge de ma vie où la maternité est derrière moi, enfin la grossesse. J’ai toujours ces dates en moi, les dates de « l’enfant perdu », il y a souvent un texte à ces dates là, des larmes, une bougie allumée. Quand l’enfant perdu devient plus l’enfant perdu mais des enfants perdus dans la vie et que ça fait plusieurs dates noires, dans une année. Je pense qu’à part si on ne mesure pas l’importance de la vie, que si jamais on a éprouvé le désir d’être parent on ne se remet jamais réellement de l’enfant perdu peu importe la manière.

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10 commentaires Ajouter un commentaire

  1. ♥♥♥
    le travail de deuil (img et plusieurs fausses couches pour ma part) est tellement long…

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    1. Maud dit :

      je pense qu’on s’en remet jamais totalement….

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  2. Sonia dit :

    💜💜💜

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  3. Ysaline dit :

    Bonjour,

    Merci pour votre bel article.
    Effectivement, je pense qu’une maman ne se remet jamais de la perte d’un enfant, quel que soit le deuil à porter. Et, c’est sans doute aussi un grand drame pour les papas.
    J’ai perdu mon premier enfant, à 5-6 semaines de grossesse, fausse-couche spontanée (l’œuf se développait mal. J’ai refusé un avortement thérapeutique en disant au gynéco : « Si mon enfant doit mourir, il mourra lui-même. » C’est ce qui s’est passé.).
    Et puis, en août 2016, après 5 jours d’hôpital, mon troisième enfant (fille) est décédé suite à une erreur de diagnostic médical (IRM cérébral mal interprété)…

    Je vous souhaite beaucoup de courage et des jours meilleurs…

    Bien cordialement.

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  4. Ysaline dit :

    Un oubli ; je n’ai pas réussi à lire la lettre de Marie, évoquée dans votre article ci-dessus. Le lien semble ne pas fonctionner.

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    1. Maud dit :

      je viens de voir que Marie a enlevé son texte…. Il était pourtant si joli, si plein de pudeur… Ca parlait de son filleul.

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  5. ce sujet est très délicat et celui de l’avortement, encore plus

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    1. Maud dit :

      Je ne dis pas le contraire mais ca me tenait à coeur je voulais le faire depuis des mois…. j en avais déjà parlé io y a 6 ans ( c était un autre blog mais j ai transféré l article sur ce blog)

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  6. zenopia dit :

    Je pense qu’effectivement, on ne se remet jamais totalement… ❤

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    1. Maud dit :

      ❤ non en effet….

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