La crise d’angoisse l’attaque de paniques et l’anxiété expliquées aux nuls. (plus histoire personnelle)

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Ce titre est un peu réducteur je vous l’accorde, mais ça me fait penser aux petits bouquins qu’il y a un peu partout sur tellement de sujets expliqués au nuls. Peut être que la crise d’angoisse expliquée aux nuls existe déjà en fait. Je n’ai pas cherché à vrai dire. Ce billet m’est venu pour expliquer un peu, pour ceux qui ne comprennent pas la crise d’angoisse, pour ceux qui croient comprendre alors que non.

La crise d’angoisse est une manifestation de divers facteurs physiques et émotionnels comme la peur l’anxiété. La personne n’arrive plus à se raisonner, elle pense qu’elle va mourir ou devenir folle. Les signes physiques sont palpitations, mains moites, sueurs, vertiges, souffle coupé, boule dans la gorge, tremblements, nausées.  L’angoisse si elle est minime peut être motivante mais peut être une vrai handicap.

L’attaque de panique est une crise d’angoisse majorée elle peut arriver une fois seulement ou se répéter. Elle ne peut avoir aucune origine, être déclenchée par des phobies existantes, déclenchée par une maladie organique ou la prise de toxiques ou bien encore déclenchée par un (des) évènement(s) traumatisant(s) intenses (même parfois quelques années après).  Le cerveau humain et ses mystères! Durant l’attaque de panique (ou crise de panique) le corps se met en alerte maximum sans vraiment de raisons évidentes. Elle est soudaine. L’inconscient est responsable de l’attaque de panique, on sort de la réalité.

L’anxiété est en chacun de nous. L’anxiété doit être différenciée de la peur qui elle répond à une menace réelle. L’anxiété est plus un sentiment d’appréhension. Prenons l’exemple, une personne qui doit faire un discours devant une assemblée par exemple ressent de l’anxiété. Oui car là il n’y a pas réel danger, c’est un sentiment d’inconfort qui peut se transformer en crise d’angoisse ou attaques de panique. L’anxiété est dite normale quand elle n’impacte pas la vie des gens, elle devient problématique, quand elle n’empêche pas la personne de vivre normalement. L’anxiété est présente dans les états névrotiques, chez les personnes hypocondriaques, dans la névrose obsessionnelle et enfin la névrose phobique (là encore il y a des milliers de phobies qui peuvent exister). L’anxiété est un élément qui constitue certaines maladies psychiatriques (dépression, schyzophrénie et j’en passe), certaines maladies du système nerveux (là encore il y a plusieurs maladies comme Parkinson, l’épilepsie et j’en passe), maladie du système respiratoire (asthme, angine de poitrine <— quand on arrive pas bien à respirer ça angoisse, je suis asthmatique je sais de quoi je parle), prises de certaines médicaments (alors là je ne suis pas médecin pour vous donner une liste), sevrage (alcool, parfois même le tabac et autres addictions) et certaines maladies endocriniennes (comme l’hypo ou l’hyper thyroïdie, une hypoglycémie) et enfin à la ménopause. L’anxiété peut devenir paralysante chez les personnes plus sensibles. Elle peut être héréditaire, certaines études démontrent un facteur biologique dans l’anxiété (ça veut dire que des parents anxieux, peuvent créer des personnes anxieuses).

La crise d’angoisse peut se manifester de quelques minutes à quelques heures, quant à l’attaque de panique elle est souvent très intense et dure souvent « que » quelques minutes où la personne pense qu’elle va mourir. Elle est souvent confondue la première fois par les gens comme une crise cardiaque. L’anxiété c’est plus un état permanent on va dire puisque nous sommes tous anxieux de nature, sans que cela ne devienne pathologique.

Cas personnel: Je suis une femme de 41 ans, plutôt anxieuse de nature, dotée d’une certaine sensibilité émotionnelle depuis toujours. Ma mère a fait des crises d’angoisse. Je ne pense pas que ma mère soit une personne très anxieuse mais là encore je ne suis ni elle, ni un médecin psychiatre ou généraliste, ni un psychologue ni un psychanalyste.  Mon père également à fait des crises d’angoisse à cause de problème comme l’arythmie cardiaque et une hypertension (j’ai eu connaissance ces dernières semaines de son état angoissé, je n’ai rien su de ça avant il y a un mois on va dire). Ma mère quand elle était enceinte de moi, à fait un problème chez le dentiste (elle est descendue à 4 de tension et a été transférée par les pompiers en service de réanimation à la clinique où elle travaillait). Ma psychiatre et mon psychologue s’accordent à dire que l’angoisse que je ressens peut venir d’ici, car ça s’est passé pendant que j’étais dans le ventre de ma mère dont que j’étais en train d’être formée biologiquement.  J’ai été une enfant je pense bien plus sensible que le reste de la fratrie, tout le temps à se soucier des autres, à vouloir le bonheur des autres de façon à m’oublier moi.  J’ai grandi avec des évènements pas toujours très cool (certains sont vécus par des milliards de gens, d’autres sont de vrais traumatismes vécus par beaucoup moins de gens et HEUREUSEMENT devrais-je dire). Il y a 15 ans alors que je quittais famille, amis et que je me retrouvais dans une ville totalement inconnue, j’ai commencé à faire des crises d’angoisse alors que je rejoignais mon amoureux. Ce qui devait être un moment heureux est devenu un moment douloureux, avec de l’angoisse qui est devenue invalidante pour tellement de choses. J’ai commencé à développer certaines phobies (grande surfaces, la foule etc…). Puis je suis revenue à Lyon ça a diminué un peu mais pas totalement. De plus j’étais enceinte, j’ai fait une pré-éclempsie alors pour ne pas angoisser y’a mieux, et surtout quand toute une équipe essaie de te rassurer comme elle peut à l’accouchement mais tu vois des têtes en face de toi qui sont inquiètes. (Normal je pense quand la personne qui accouche est à 23/18 de tension et qu’avec l’effort de l’accouchement ça peut faire de sacrés dommages).  Et puis petit à petit j’ai repris une vie un peu plus normale, mon père est mort en 2010, je suis partie à Rome, seule. Je ne dis pas que je n’étais pas angoissée mais j’ai géré mon anxiété, j’ai fait une ou deux crises d’angoisse mais j’ai pu les surmonter seule.  Puis la vie défile, les crises d’angoisses sont réapparues avec la grossesse de mon dernier, car j’avais peur de ne pas l’aimer, peur de ne pas pouvoir gérer cet enfant seule. Alors j’ai pu continuer une vie quasi « normale » mais avec l’aide de tierces personnes (fallait que je sois accompagnée dans les grandes surfaces, dans la rue aussi ça me rassurait, mon fils est tombé malade j’ai géré aussi bien que je pouvais (alors que j’ai peur de voir tout ce qui est piqûre, prises de sang et j’en passe sur les autres).  Puis il y a + de 3 ans tout ça s’est envolé après des années à faire des petits efforts, comme des pas de fourmis, plus peur de la foule, plus peur de faire mes courses seule, plus peur de la rue plus rien. Ouahhhh je revivais. J’ai même subi une intervention assez lourde il y a presque 2 ans, j’ai été angoissée un peu mais ça n’a pas été insurmontable, je rigolais avec mon gynéco en salle d’opération et avec l’anesthésiste ça prouve que je « gérais » mon angoisse car si trop angoissée je suis incapable de sourire, de parler je suis repliée sur moi même. Là au mois d’août j’ai eu un accident de voiture, j’étais super fatiguée depuis quelques semaines. Pendant les quelques semaines qui ont suivies l’accident, je n’étais pas très bien, un peu out mais je mettais ça sur la douleur plus la fatigue. Puis je suis tombée un matin dans les pommes 3 fois chez moi sans vraiment d’explication, j’ai été transférée à l’hosto avec  examens pendant 24heures. Je suis revenue chez moi et là ce fut le début de l’enfer, prise d’angoisse presque toute la journée comme une sensation que je mourais à petit feu, une fatigue intense, des pleurs.. J’ai laissé faire quelques semaines en ne pouvant plus rester seule chez moi, tellement ça me faisait peur. J’ai contacté un psychologue de moi-même, on a fait une première séance et il a contacté une psychiatre avec mon aval. Depuis janvier je vois une psychiatre une fois par mois, en plus de mon psychologue que je vois tous les 15 jours depuis novembre. Je suis sous anti-dépressseur à dose pas trop forte car c’est mon souhait, c’est juste pour m’aider à traverser la crise. Aujourd’hui je vais quand même mieux, je peux retourner dehors sans paniquer mais encore accompagnée, aller dans les magasins sans trop penser à l’angoisse même si parfois j’ai des sueurs, le coeur qui accélère mais les trajets dans la rue seule sont encore impossibles, la rue m’effraie encore beaucoup ainsi que les transports en commun. J’arrive à rester seule à la maison des journées entières et ce depuis le début de la semaine (comme quoi le chemin est long mais pas impossible). Les attaques de panique j’en ai fait une, quand j’étais dans la voiture de ma mère, j’ai dû interpeler un passant qui a appelé les pompiers (et ce quelques jours avant de voir mon psychologue, c’est ce qui m’a mené à l’appeler la première fois). L’anxiété est un peu moins présente, j’arrive à avoir des idées plus claires, j’ai réussi à laisser partir mon fils en classe verte sans appeler la maitresse une fois, sans trop penser à lui (et je m’en suis voulue d’ailleurs quand il est rentré bien malade). Ces petites choses insignifiantes pour beaucoup ont leur importance chez moi.  Par contre il est vrai que certaines situations m’angoissent encore beaucoup, un rendez-vous avec une personne que je ne connais pas, peur de manquer ou d’oublier quelque chose alors tout est bien réglé chez moi, partir loin de chez moi (par exemple partir en Italie alors que j’en rêve depuis des mois et des mois fut impossible, j’ai angoissé à l’idée de faire des crises d’angoisse loin de chez moi, de faire même une attaque de panique ce qui est le plus terrible tellement je n’arrive pas à me dire que ça va passer.). L’anxiété, l’angoisse et la panique sont réapparues avec mon accident, c’est ce qu’on appelle un stress post-traumatique me disent psychiatre et psychologue.

Concrètement je fais quoi pour tout cela, pour aller mieux?

Donc je vois un psychologue et un psychiatre en alternance souvent, je suis aidée de façon médicamenteuse par des anti-dépresseurs mais de manière infime me dit ma psychiatre.  Je pratique la sophrologie et la cohérence cardiaque et la médiation. Ce qui me permet de m’ancrer dans l’instant présent, de ressentir mon corps, d’apprendre à gérer ma respiration, de ne plus avoir cet état d’angoisse en permanence.  La respiration est très importante elle permet de réguler les battements du coeur, et si les battements du coeur son régulés l’angoisse et la panique sont beaucoup moins présents. J’écris beaucoup aussi. je crois que le fait de parler avec mon psychologue principalement et d’écrire ça m’aide énormément. Mon psychologue me dirige avec des questions, alors que mon écriture est plutôt désordonnée (enfin c’est ce que je pense mais au final, je ne pense pas tant que ça puisque je fais sortir des trucs au fil de mes pensées qui ont besoin d’être évacuées à l’instant T). Je pense que pour ce sortir de ce cercle vicieux de l’anxiété, donc de l’angoisse voir de la crise de panique c’est un processus long, il ne faut pas trop brusquer les choses sinon ça risque de tout s’effondrer à nouveau. Il faut savoir écouter son corps, savoir de quoi on est capable ou pas, d’y aller à notre rythme.

J’essaie de faire  prendre conscience aux gens de ce qu’est tout ça, c’est un peu mon combat actuel. Que de vivre tout cela n’est pas chose facile. Les gens disent que ce n’est que dans ma tête, que je dois me forcer. Sauf que chaque jour est un véritable combat que je mène pour aller de l’avant, que si je n’arrive pas à faire quelque chose j‘apprends à relativiser en me disant que ce n’est pas LE MOMENT tout simplement, que ça se fera plus tard surement. J’ai appris à apprivoiser le temps, il est mon meilleur allié dans la vie, je fais du tri dans les gens qui m’entourent, je me dépollue de personnes malveillantes, agressives… J’écoute mon corps, car j’ai bien compris que mes angoisses ne sont pas arrivées comme ça, elles sont dues à beaucoup de facteurs d’ordre biologiques mais aussi d’évènements passés et j’apprends à gérer tout cela, à ne pas vivre dans le passé, mais tout simplement à accepter tout ce que j’ai pu subir par le passé, de me construire avec cela, de faire une force de tout cela. Je me repose car j’ai remarqué quand je suis plus fatiguée l’angoisse est présente de façon importante, j’essaie de me nourrir de façon régulière pour ne pas tomber en hypoglycémie qui est aussi source d’anxiété et donc faire une crise d’angoisse.  J’apprends à ne plus vouloir combler tous les vides de ma vie, j‘apprends à accepter le temps qui passe, à accepter le silence, la solitude, j’apprends à gérer l’ennui aussi. Avant je vivais à 1000 à l’heure, toujours à m’occuper pour ne pas avoir le temps de m’ennuyer et donc de penser. Aujourd’hui je laisse ces pensées venir à moi, je les accepte, elle sont parfois douloureuses, mon inconscient travaille beaucoup la nuit encore, où je fais des cauchemars, où je vois des personnes aimées disparues dedans mais en toute objectivité je ne ressens plus ce mal ressenti il y a quelques mois. Je suis sur le chemin du mieux, j’accepte et l’acceptation est la clé de beaucoup de choses. Je vois ma route s’éclaircir petit à petit, je ne fais plus d’attaques de panique, je ne vis plus dans cet état d’angoisse permanent, je fais quelques crises d’angoisse dans la journée si j’ai une journée normale sans facteurs pouvant provoquer de l’anxiété continue. J’apprends à dire non quand je sens que ça m’est impossible, quand ça ne me convient pas.

Le chemin est long j’en prends conscience, moi l’impatiente j’apprends la patience. J’apprends de mes victoires chaque jour, mais aussi j’apprends à accepter l’échec qui est  là. Je me dis que c’est pour m’enseigner quelque chose. J‘apprends à prendre soin de moi, à m’écouter enfin, à m’aimer comme j’aimerais qu’on m’aime, je ne compte plus sur les autres pour cela. Ça ne m’empêche pas de donner de l’amour, et d’en recevoir et de façon plus sereine qu’avant sans doute. À 41 ans, je deviens plus mature, je prends conscience que je n’ai qu’une  vieque je ne peux vivre à travers les autres, que prendre soin de soi, d’être un peu égoïste c’est l’essence même du bien-être. Et que se faire aider n’est pas tare, mais bien au contraire c’est courageux car se mettre à nu devant quelqu’un n’est pas chose aisée.

Désolée pour ce long, long, long billet j’ai voulu expliquer de manière globale et de manière plus personnelle l’anxiété, l’angoisse et la panique. Je veux que les gens comprennent que ce n’est pas que dans la tête mais que ça peut venir de plein de facteurs. Que ça ne prend pas que la tête, mais aussi que ça prend tout le corps, que ça bouffe une énergie folle. Que quand je fais une crise d’angoisse qui dure plusieurs heures, je suis vidée à la suite de cela, que j’ai qu’une envie c’est de silence, de repos et de prendre soin de moi, de me détendre vraiment. Que je ne fais pas exprès, que les gens qui vivent tout cela ne font pas exprès, qu’ils se battent pour se sortir de cela. Que le combat est long, qu’on ne peut guérir en un claquement de doigts d’un stress post-traumatique. Que la compréhension et l’accompagnement d’autrui sont importants  pour nous qui souffrons  et dans le chemin de guérison et que le jugement est destructeur. J’ai envie aussi de donner de l’espoir aux gens qui vivent cela depuis peu, pour la première fois ou ceux qui ne voient pas la petite lumière que j’aperçois moi au loin,  que nous ne sommes pas réduits à vivre cela toute notre vie. Qu’il y a plusieurs méthodes pour s’en sortir et que chacun doit prendre conscience de ce qui est bon pour lui, car chaque personne à sa sensibilité propre.

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4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Sonia dit :

    💜💜💜

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  2. DorOthée84 dit :

    Un beau et poignant témoignage. J’ai moi aussi connu les crises d’angoisse qui étaient très violentes jusqu’à faire partie de mon quotidien, à une époque je faisais plusieurs crises par jour, j’ai eu un traitement et oui ce n’est pas du cinéma c’est une réelle souffrance, douleur, c’est un combat permanent qui prend toute notre énergie. Mes crises ont totalement disparu depuis 7 ans, en fait depuis que j’ai quitté le père de mes enfants. Bizarre, c’était peut-être ça le problème. Mais je ne suis pas à l’abri d’une rechute qui sait….je n’y pense pas en tout cas. As tu pensé à la kinesiologie ? C’est une « methode » intéressante où c’est le corps qui va exprimer les problèmes, les blocages….dont nous n’avons aucunement conscience puisque certains problèmes remontent loin, voire in utero ou voire des problèmes liés à nos origines, à nos parents (secret de famille…. Etc).
    Bonne journée.

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    1. Maud dit :

      Je sais pour la kinésiologie, comme le shiatsu y’a plein de méthodes qui aident (Reiki aussi) mais je ne peux pas tout financièrement.

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      1. DorOthee84 dit :

        eh oui je comprends….Garde courage.

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