Avoir 40 ans ça (me) change quoi?

 

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Maintenant que je suis bien ancrée chez les quadras depuis 1 an 1/2 ou presque  je peux vous dire que je suis heureuse d’avoir 40 ans. Je ne pensais pas le dire un jour, pour moi avoir 40 ans il y a encore 10 ans c’était être un peu vieux quand même je dois bien l’avouer. J’avais l’impression qu’avec mes 40 ans j’allais perdre un part de mon grain de folie, que j’allais être bien plus sérieuse. Sûrement car je pensais qu’à 40 ans, ma fille en aurait 20  l’âge où je suis devenue maman, sa maman et ça m’effrayait quelque part. Je pensais qu’à 40 ans je m’habillerais de manière supra classique (l’image que j’avais de  ma mère à 40 ans sans doute), mais je continue de m’habiller comme quand j’avais 20/25 ans souvent mais j’aime aussi plus jouer avec ma féminité. 

Mais au final, j’ai 41 ans, ma fille a 21 ans, elle a pris son envol. J’ai encore 2 enfants à la maison dont le plus petit qui n’a pas encore atteint la dizaine. J’ai toujours ce grain de folie qui me caractérise, j’ai malgré toutes les idées tristes que parfois je peux avoir  une foi en moi, en l’humanité, en la vie. Je suis toujours un peu ce jeune chien fou je me lance toujours tête baissée dans les choses que j’entreprends et peu importe si tout le monde est contre moi, je fais ce qu’il me plait, j’aime qui je veux, personne ne décide pour moi, je sais combien le regard des autres, le jugement a pu me couper l’envie de vivre ma vie par le passé. Je me raisonne peut-être un peu plus facilement qu’à 30 ans sur certaines choses.

À 40 ans j’ai ma vie de femme enceinte derrière moi, j’ai fait une croix là-dessus. Ma vie de couple.. Quelle vie de couple? C’est marrant car quand j’étais enfant je me voyais mariée, avoir 6 enfants, je n’ai jamais été mariée et j’ai fait la moitié du nombre d’enfants que je voulais petite.  Je vois mes enfants grandir, s’épanouir, j’essaie de leur donner les meilleurs armes pour affronter la vie, mais aussi de l’amour à foison, ce qui me semble (ce n’est que mon ressenti!) avoir manqué terriblement d’où cette peur de l’abandon qui me liquéfie encore par moment.

Comme je le dis je vis plus l’instant présent qu’avant,  je ne me pose pas la question de comment sera ma vie dans 5 ans, dans 10 ans. J’apprends de mes erreurs, j’essaie de ne plus porter toute la misère du monde sur mon dos. J’apprends à penser un peu plus à moi, de ne pas tout donner pour les autres en permanence, que du temps, de l’énergie,  je dois en garder pour moi aussi, j’apprends que je peux être importante pour les gens mais que je suis importante pour moi. Je prends peut-être un peu plus confiance en moi. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux plus.

J’apprends à dire non et je sais que ça déplait beaucoup, car j’ai toujours dit oui à tout. J’apprends aussi à dire les choses qui ne vont pas, j’essaie de le faire avec diplomatie certes mais je dis les choses. Et là aussi ça ne plait pas forcément, moi qui ne disait rien… Ceci est surement dû au fait que j’ai un peu plus confiance en moi. J’ai encore du chemin  à faire. Je me dis que rien n’est insurmontable dans la vie. J’ai pris des sacrées claques au cours des 22 dernières années mais ça fait celle que je suis aujourd’hui.

Je n’ai plus honte d’être sensible, j’admets mes fragilités enfin! Je ne retiens plus les gens qui veulent partir, c’est un mal pour un bien je me dis. Ils font place neuve pour de nouvelles personnes. Je n’ai absolument plus de temps à perdre avec des gens avec qui je n’ai plus rien à faire. J’ai gâché trop de temps à me plier aux exigences des gens, à tout faire pour leur bonheur, à pleurer leur départ.  A-t-on vraiment le temps encore de tout cela? Je ne crois pas…

Je vis seule vraiment depuis de nombreuses années maintenant, sauf que non, je vis avec mes enfants. Ce n’est pas pour autant que je suis devenue une vieille fille aigrie. Enfin je ne crois pas. C’est que je n’ai pas trouvé l’homme avec qui partager ma vie, je me dis que j’ai fait des essais sans doute et dans les essais il y a des ratés. Je ne me focalise pas sur le fait de trouver absolument quelqu’un. Il y a peut-être 10 ans, j’aurais eu peur de passer des mois seule, voir des années. Aujourd’hui je prends ce que la vie veut bien m’offrir à l’instant T. Je suis très respectueuse des gens, je ne peux pas leur faire croire n’importe quoi. Je suis sans doute plus réaliste qu’avant, je sais si quelqu’un fera l’affaire ou pas (au moins pour un moment).

Je pense connaitre mon corps bien plus qu’avant, pour 1001 choses, je sais reconnaitre ses petits et grands maux. Je sais quand je vais trop loin (même si j’en fais souvent qu’à ma tête encore). Mais là depuis quelques mois, il a su me rappeler à l’ordre, alors je l’écoute un peu plus.  Je sais comment  en prendre soin, je sais aussi bien plus qu’avant mes besoins sur un tas de point de vue aussi en matière de sexe. Je ne voudrais pas revenir en arrière rien que pour cela. Comprendre et connaître vraiment mon corps c’est un des privilège de l’âge sans doute. je n’ai plus cette gêne coupable de prendre du plaisir, ni celle d’exprimer mes envies, mes désirs. Sans doute que je m’autorise le fait de vivre avec tout ce que la vie peut apporter comme plaisirs. Avoir 40 ans, c’est aussi aimer les gens sans avoir ce besoin de leur dire 1000 fois par jour, mais savoir quand même encore le dire avec les yeux de l’amoureuse que j’ai pu être à 15 ans. C’est savoir que les actes son importants en amour, c’est apprendre la patience d’obtenir ce qu’on veut. Être heureux est un choix!

Je prends le temps de vivre, on a qu’une vie, et vouloir faire 1000 choses dans une journée c’est passer à côté de sa vie, la survoler. Je profite à fond de mes enfants, je me rends compte que je passe beaucoup plus de temps avec les garçons que j’ai pu m’en autoriser avec ma fille. Si tu lis ça ma Lisa, je te demande pardon, tu sais que je t’aime néanmoins d’un amour incommensurable.  Je n’ai plus envie de perdre de temps dans une vie qui ne me convient pas/plus, je veux vraiment passer du temps avec les gens qui me font du bien, je ne veux plus essayer de recoller des morceaux à tout prix. Je sais que la vie est importante et que nous ne sommes pas ici bas de manière éternelle, alors le bonheur on doit se l’autoriser, ce n’est ni une honte, ni un crime de vouloir être enfin heureux. Je ne dois plus faire des compromis à tout va, rester dans une situation qui ne me convient pas pour 1001 mauvaises raisons. Je me donne chaque jour la chance d’être heureuse, et honnêtement je m’en fous du regard des autres et de leur jugement c’est pareil. J’ai toujours voulu faire plaisir, faire plaisir aux autres, prendre soin des autres. Mais au final je me rends compte que personne ne le faisait à mon égard, alors je prends soin de moi, je m’offre une belle vie, j’aime les gens car je suis bien avec eux, je ne saurais plus rester dans une vie pour des mauvaises raisons. Avant je me disais le bonheur des autres avant tout, sauf que j’ai réalisé à quel point de me voir malheureuse mes enfants ont pu en souffrir, alors que je pensais leur faire du bien en restant pour eux dans des situations qui m’étaient devenues pénibles pour moi. Je me rends compte à quel point ils peuvent s’épanouir quand ils me voient heureuse.

Je croque la vie, je suis une quadra assez heureuse au final malgré les claques, je souris au maximum,  je m’améliore chaque jour et j’essaie d’embellir ma vie au maximum, je prends du temps pour moi réellement, je prends le temps de vivre, je passe du temps auprès des gens que j’aime, je m’autorise le luxe de me donner les chances d’être heureuse. Je m’épanouie petit à petit, j’apprends à vivre avec mes erreurs du passé, j’apprends à les accepter et faire cette thérapie est la plus belle décision de ma vie. J’évolue dans le bon sens, je vis tout simplement et je ne vis plus pour les autres, je ne vis plus à travers les autres, je sais que la vie est une source inépuisable de petits bonheurs, il suffit de bien regarder pour les apercevoir et surtout vivre pour soi pas pour les autres, Il suffit de regarder les autres pour voir à quel point ils vivent pour eux sans vraiment se demander si nous sommes heureux. On a qu’une vie et le réaliser permet de vivre vraiment, de ne plus s’emprisonner dans une vie qu’on ne veut plus. J’avais tout un tas de mauvaises raisons dans une vie qui ne m’allait pas, j’ai encore plus de belles raisons de prendre mon courage pour vivre une vie que je veux. C’est peut-être ça grandir, c’est prendre du courage, ne plus être lâche comme je l’ai été par le passé au final, c’est ça avoir 40 ans pour moi.

 

 

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Marie Kléber dit :

    Et bien c’est beau à lire Maud.
    J’ai toujours aimé vieillir. Et l’approche de la quarantaine m’enthousiasme. Je gagne en maturité, en confiance, je me sens mieux dans ma peau.
    Je t’embrasse.

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