Et la vie continue…

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Aujourd’hui ça fait 11 ans que j’ai perdu mon père…. Je n’arrive plus trop à me souvenir de sa voix, je me souviens de son physique, de son sourire, mon frère Bertrand a la même façon de sourire que lui. 11 ans qu’il est parti, presque 1/4 de ma vie en gros…. J’ai l’impression qu’il est parti hier, et pourtant ça me parait à la fois si loin. Je n’avais pas les meilleures relations du monde avec mon père, beaucoup d’incompréhensions de ma part dans son comportement, dans sa façon d’agir avec ses enfants, mais il était ainsi. Mon père avait 38 ans tout juste quand je suis née, on a la même date d’anniversaire. J’ai un sacré décalage avec lui, je suis sa 6ème enfant et pourtant j’ai l’impression qu’au bout de 6 il ne savait pas plus faire avec moi qu’avec les ainés. Bref….

J’ai longtemps eu mal de cette relation bafouée, de ces incompréhensions, de cette manière de faire qui est loin d’être la mienne, de ce détachement qu’il pouvait éprouver envers ses enfants et pourtant lui qui pouvait être si proche des gens. Je n’ai jamais compris ses excès de colère qui arrivaient d’un coup et qui retombaient aussi d’un coup. Il y a plein de choses que je n’ai jamais compris que j’ai essayé de comprendre, mais en vain. Et là depuis quelques mois, j’arrive à accepter les choses, ne plus vouloir à tout prix comprendre ce père, ce génie de la chirurgie de renommée internationale, mon père était avant tout un chirurgien bien plus qu’un père. J’ai appris à l’accepter ces derniers mois il me semble. J’ai moins ce sentiment de colère que je pouvais avoir à son encontre, il a fait comme bon lui semblait je pense et c’est ainsi, je peux être gagnée par toutes les rancoeurs du monde, ça ne changera rien à rien. Alors j’accepte, je me laisse gagner par la douceur je crois petit à petit. Mes relations sont beaucoup moins compliquées, je crois que je suis beaucoup moins torturée sur beaucoup de choses malgré mon syndrome de stress post-traumatique qui est encore bien présent mais j’avance…

Je suis envahie de douceur, je ne cherche plus à ce qu’on m’aime absolument, j’arrive à être plus posée, plus sereine avec moi même, avec les autres aussi. J’ai appris à m’en foutre de ce qu’on pense de moi, j’accepte chaque jour comme un cadeau et plus comme un fardeau même si je cumule les emmerdes, même si beaucoup de choses ne me vont pas encore. J’écris chaque jour mes bonheurs, je vois que la vie est belle, qu’il y a des vraies touches de couleurs même dans les journées les plus noires. Je garde foi en l’humanité, en la vie., Je suis heureuse de fêter mes 43 ans bientôt, je grandis, je chemine, j’avance parfois à tâtons, mais j’avance. J’ai dit ce que j’avais à dire à une personne en lui écrivant le plus long courrier (électronique) que j’ai dû écrire jusqu’à maintenant. je suis heureuse de l’avoir fait même si ce dut très douloureux à faire. J’avance, j’ai la chance d’être bien entourée, j’ai peu d’amis mais des amis vrais, j’ai des enfants qui me comblent de bonheur, j’ai tout ce que j’ai rêvé d’avoir je crois. Il manque juste mon appart à trouver et ça sera parfait. Oui il y a des jours de moins bien, mais je me souviens d’une chose c’est que ces bonheurs qui sont là pour moi font que je suis heureuse que la vie puisse continuer, de toutes façons chaque matin les oiseaux chanteront, la terre continuera d’être ronde, la nature continuera de m’épater, les hommes continueront d’exister.

Ce petit billet résume assez bien le chemin parcouru cette dernière année, j’avais écrit une lettre à mon père il y a tout juste un an.

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4 réflexions sur “Et la vie continue…

  1. Bonjour,
    J’ai bcp aimé la lettre à votre père. Vos mots font écho à la relation que j’ai avec mon père. Je dis toujours « mon père ce zéro ». Je pense qu’il ya une rencontre qui se fait à la naissance ou après entre un enfant et ses parents, eh bien moi je crois que ça n’a pas eu lieu. J’ai vécu mes 1eres années qu’avec ma mère et je crois que ça me suffisait amplement, les oncles et tantes, papis et mamies occupaient cet espace laissé par lui. Ensuite, j’ai du tout quitter pour la promesse d’un avenir meilleur et suivre mon père, et laisser ma mère derrière moi. Il m’avait vendu un si beau rêve cet inconnu. Et le cauchemar commença, il avait omis de me dire qu’il avait une double vie, un enfant qui avait qq mois d’écart avec mon frère, une compagne et ses enfants. D’où cette sensation qui me poursuit et cette expression dont je n’arrive à me défaire « comme un cheveu sur la soupe ». Moi aussi je me bats avec des démons et des habitudes et des modes de pensée qui ne sont pas là norme. J’ai du apprendre et me laisser aimer car en fait je ne savais pas faire. Bref, je m’excuse de m’être laissée envahir par tout cela. Je vis plus apaisée maintenant, j’ai fait le deuil de ce père que je n’aurai jamais. Il vit sa vie et je fais de même mais comme je l’entends. Et j’assume tout. Merci pour cette si jolie déclaration d’amour, à cet homme qui n’a pas su où voulu prendre sa place.
    Bonne journée ❤️

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