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L’instant présent

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En ces temps d’épidémie, que dis-je de pandémie, on se rend compte ce que veux dire profiter de l’instant présent. Même si nous ne sommes pas directement touchés par la maladie, on commence à voir qu’elle se rapproche de plus en plus de nous, on commence à voir que des proches d’amis ou de connaissances sont touchés, que les hospitalisations en réanimation sont vraiment là, que des jeunes sont touchés aussi et pas que les vieux comme on disait. On prend connaissance de l’ampleur par les chiffres annoncés chaque jour et encore ils sont bien en deçà que ce qu’on nous annonce car des gens sont asymptomatiques,  pense avoir juste un petit rhume ou bien ne sont pas testés car ne font pas partie des cas les plus graves. Moi je suis flippée vraiment par moment, ça m’angoisse, m’oppresse quand j’y pense alors j’essaie de ne pas trop y penser, j’essaie de ne plus lire 1001 fois par jour les chiffres, les informations mais je ne veux pas oublier non plus que le danger est là, juste derrière la porte,  peut être même dans notre chambre d’hôtel et que nous le savons pas encore…

J’essaie de garder en tête qu’il faut profiter de l’instant présent, je ne sais pas quand je vais revoir les gens que j’aime, alors j’essaie de rester en contact avec eux, prendre de leurs nouvelles. J’ai acheté des cartes postales aussi mais est-ce une bonne idée d’envoyer du courrier??? Je ne sais pas à vrai dire, on me dit que le courrier peut être contaminé. Je ne sais plus trop ce que je dois faire, malgré certaines envies. Je me pose 1001 questions sur comment éviter de me contaminer et de contaminer les autres. Mes humeurs (et celles de mes enfants) font un peu un marathon de danses que je n’arrive point à maîtriser, à stopper ce grand huit dans lequel elles (mes émotions) semblent s’être mises.

J’essaie de relativiser à chaque moment, chaque jour, chaque heure pour ne pas dire chaque minute. J’essaie de relativiser et me dire que j’ai tout fait pour ne pas l’attraper mais au final, j’ai quand même croisé des gens ces dernières semaines, ces derniers jours, ne serait ce mon psychiatre qui est soupçonné de l’avoir donc en quarantaine, les patients en salle d’attente, les soignants de mon fils, les autres enfants, les parents, les infirmières, les gens qui vont faire les courses, les caissiers, les voisins dans l’immeuble, les gens dans la rue. Je suis actuellement dans une chambre d’hôtel, j’essaie de côtoyer le moins de gens possible, mais on doit manger, on a pas le choix, on a pas de frigo alors comment fait on sans faire des courses pratiquement tous les jours?

Il faut que je garde la tête froide pour ne pas sombrer dans une espèce de folie qui sera gérée par mes angoisses, mes craintes, ma peur de la maladie mais aussi du contact à l’autre. Il faut que je garde la tête froide et pourtant ça cogite dedans ma petite tête, je ne dois pas flancher, les enfants comptent sur moi, je dois continuer à celle qui donne les règles, qui essaie de les protéger, qui se bat pour ne pas qu’ils sortent, qu’ils aillent où il y a du monde. J’aimerais parfois avoir leur innocence et je reviens sur ce que je viens de penser immédiatement, si j’ai leur innocence qui va leur mettre des règles etc? Alors j’essaie de leur apprendre l’instant présent, de leur apprendre à profiter de la vie là tout de suite mais pas simple quand on est enfermés en 4 murs et c’est vraiment le cas, on a pas d’intimité, pas de pièce pour s’isoler sans qu’un autre nous lorgne, nous parle. Ô non ce n’est pas simple, loin de là, mais il le faut, je ne dois pas flancher, je dois gérer ma petite troupe, je ne peux pas voir les miens, on s’isole comme l’a demandé le président, je ne sais pas quand je vais pouvoir revoir ma fille, la serrer dans mes bras, revoir mes amies, ma marraine… En fait rien que de penser à cela, ça me fait monter de l’angoisse, alors j’essaie de me dire que c’est un mauvais moment (cauchemardesque) à passer, qu’on doit pas déconner, qu’on doit faire attention à nous mais aussi protéger les autres.

Alors on rassemble nos pensées, on organise nos journées au jour le jour, on ne sait pas ce qu’on fera demain, les enfants doivent travailler,  ne pas perdre le fil de leur scolarité, alors je suis là pour faire un peu la police quand même, faut pas déconner, confinement ok mais on continue d’essayer d’avoir un semblant de vie. Un peu comme si notre vie était faite de pas, c’est un pas après l’autre, on respire là maintenant mais demain sera-t-on toujours sans symptômes? Je ne sais pas, alors on fait un pas aujourd’hui, puis un autre, on apprécie nos moments ensemble du mieux possible, même si la promiscuité crée un peu de tension entre les gars. J’essaie de me recentrer sur l’essentiel, j’essaie de recommencer à méditer, à mieux m’ancrer dans le moment présent. Je ne veux pas penser à ces jours de confinement qui sont pour notre bien mais qui sont aussi angoissants pour moi à la fois. On se rend compte à quel point nous sommes privés de notre liberté et je répète encore une fois si on joue tous le jeu on va finir par l’avoir cette merde.

Je regarde par la fenêtre de ma chambre les arbres, les bourgeons sont prêts à libérer les fleurs, j’ai une fascination pour la nature, je regarde toujours cela avec mes yeux d’enfant. Je me rends compte à quel point j’ai de la chance d’être avec mes enfants même si ma fille, les miens, mes amis me manquent… Je me rends d’autant plus compte que j’apprécie ce que j’ai et que beaucoup de choses sont superficielles, Je fais des choses que j’aime, écrire, lire, je prends du temps pour moi. J’accepte les choix faits même s’ils ne sont pas les meilleurs du monde, ils font partie de moi, et ça ne sert à rien de cogiter sur telle ou telle chose ça ne fera pas avancer le schmilblick….  Il y a des choses que je ne peux pas changer, alors autant les accepter. Me recentrer un peu sur moi, ne jamais oublier d’avoir de la gratitude, de vivre intensément la vie et donc les petits bonheurs qui me sont offerts,  je viens de vous donner quelques unes de mes petites astuces pour vivre au mieux le moment présent.

 

3 réflexions au sujet de “L’instant présent”

  1. Juste quelques chiffres pour tenter de calmer tes angoisses. 85 % des personnes qui contractent le virus n’ont pas besoin d’hospitalisation et développent une forme bénigne. Parmi les 15 % restant 6% auront besoin d’aide respiratoires. Il faut seulement éviter les contacts et le virus n’est pas volatile. Donc vu les mesures de confinement que tu prends il n’y a pas de raison que tu l’attrapes.

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    1. euh oui enfin je suis asthamtique on a pas assez de place en france dans les services de réanimation pour accueillir tout ce monde et en plus plus assez de machines ils en sont à demander aux vétos de leur passer les leurs (qui peuvent servir aux humains aussi)….. j ai ma cousine qui est morte d une insuffisance respiratoire elle avait une 40 aine d années, je suis asthmatique et pas assez confinée à l hotel car on doti aller se chercher à manger. tous les jours puisque pas de frigo et quand je vois le manque de civisme des gens ça me fout hors de moi comme ces chiffres qui veulent tout et rien dire mais ne disent pas le manque de place dans les différents services de réa et j’en passe….

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