Je n’aurais jamais pu être actrice…

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J’ai décidé de jouer franc-jeu…. J’ai décidé de parler que je n’allais pas bien, ici, à mon entourage. J’ai fait le choix de ne pas me voiler la face, de prendre le taureau par les cornes, de voir un psychologue, un psychiatre aussi. Je ne cache pas que j’ai pesé le pour et le contre avant de faire appel à eux (voir si je voulais vraiment me livrer, si financièrement j’allais pouvoir le faire et si au bout de 2 séances ça allait pas me mettre en boule.) et d’en parler ici. 

J’ai décidé de parler de ce stress post-traumatique (oui ça peut faire fuir les gens), mais j’ai décidé de ne pas jouer de jeu de la blogueuse qui a une vie trop cool, sans soucis. Je ne sais pas jouer, je n’aurais pas pu. Aujourd’hui ça commence à aller mieux, je ne dis pas que je suis guérie, loin de là, je commence juste à aller mieux. Pas mal de choses me stressent encore, mais j’arrive à voir de la lumière. Je souris de nouveau, je suis allée dans une librairie l’autre jour et j’ai pris le temps de regarder un bon moment les livres (un de mes hobby)… Je n’ai pas trop pensé à l’angoisse, j’ai pris mon temps sans regarder ma montre toutes les 10 secondes, j’ai lu plein de 4ème de couverture, je me suis fait même un plaisir acheter un livre papier…

Je cuisine de nouveau, je crée de mes mains (j’ai fait entièrement mes cartes de voeux), je recommence à vivre comme avant, mais pas de la même manière… Avant je vivais sans rien apprécier depuis des mois, je survivais, je vivais à 10000 à l’heure, je ne prenais le temps de rien. Aujourd’hui par la force des choses je prends le temps de vivre, je prends le temps de parler avec les gens, je prends le temps de manger, de jouer avec les garçons. Je ne suis plus tout à fait cette Maud d’avant, plus celle qui avait ce masque depuis des années à dire je vais bien alors que non il n’en était rien. J’écris depuis longtemps et je m’avouais être fatiguée souvent mais je le disais à personne alors je continuais à donner, toujours plus donner pour ne décevoir personne, être la mère parfaite, la fille parfaite, la copine parfaite, la non rien jusqu’à ce jour où les larmes ont coulé le long de mon visage, où la faim était partie, où je n’arrivais plus à faire un mouvement, ce jour où mon corps avait dit STOP Maud c’est plus possible.  Je fais même le projet de profiter de ma nuit romantique en relais et château (même si je dois être seule).

Aujourd’hui j’ose dire aux gens que je ne vais pas bien, que je suis sujette aux attaques de panique parfois (j en ai pas fait depuis début novembre), que je peux être extrêmement fatiguée de temps en temps, que je suis angoissée, que je vois un psy, que je fais plus autant de choses qu’avant mais que sans doute c’est pour mieux les faire. Il y a des gens qui sont partis, j’ai plus aucune nouvelle depuis, et puis il y a des gens qui sont là, ou qui arrivent qui me disent que c’est bien de mettre des mots sur ce qui ne va pas et sur ce qui va. J’aurais pu jouer un jeu, mais je ne sais pas mentir, je ne sais pas jouer. Ça aurait pu être tellement plus confortable pour les gens. Aujourd’hui ceux qui sont là, autour de moi, savent par quoi je passe, toux ceux qui ne sont plus là par lâcheté et bien TANT MIEUX! Je mérite comme chacun de nous, le meilleur du meilleur. Mon psy me dit il y a une chose qui peut vous sauver c’est l’amour, car l’amour est un véritable soutien. Il m’a dit sauver, pas guérir et j’ai je crois saisi la nuance ce soir.  Je devrais juste dire, quelqu’un qui est en dépression, qui a un stress post traumatique, qui fait un burn oui a un besoin essentiel d’être entouré pour se sentir vivant, la personne « malade » a besoin de soutien et d’amour.  Il ne faut pas avoir peur ça ne s’attrape pas!

Si je dois trouver l’amour, c’est quelqu’un qui aura su comprendre ce que je traverse là actuellement (même si je dois trouver quelqu’un dans 10 ans) et pas quelqu’un qui ne veut pas comprendre qu’on peut avoir des fragilités à un moment X et que si c’est bien pris en charge ça ne durera pas la vie.  J’ai moi aussi besoin qu’on me prenne la main là et qu’on me dise que tout ira bien de nouveau, que ce ne sera plus jamais comme avant mais que justement ce sera beaucoup mieux car j’ai enfin réussi à faire tomber ce masque.

 

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25 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Sonia dit :

    💜💜
    On est heureuse pour toi
    Bisous

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  2. Roseleen dit :

    😚😚😚😚😚

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  3. sandmayer dit :

    Je ne peux que te comprendre. Les personnes qui ont vécu ce que tu vis sont les mieux placés pour te comprendre. Tu verras que bientôt tout ira pour le mieux. Continue à croire en toi et à être toi.
    Bisous

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    1. Comment croire en soi quand on ne voit plus de sa vie qu’un naufrage ?

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      1. Maud dit :

        ma vie est un naufrage aussi tu sais….

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        1. Je sais.

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          1. Maud dit :

            je sais que tu sais….

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      2. sandmayer dit :

        C’est une très bonne question et qui mériterait qu’on y consacre plus de temps.
        N’ayant pas le secret de la recette miracle, je ne peux donc vous répondre uniquement en réfléchissant à ma propre expérience. Rappelons que chacun est différent également.
        Me concernant, j’ai été au fond du gouffre ( nous allons éviter de faire la liste de nos malheurs car il n’est pas question de faire un concours de celles et ceux qui ont le plus souffert ), je dirai que ça été un déclic qui m’a  » réveillée « , m’a fait prendre conscience qu’il fallait avancer, que mon bonheur ne dépendait plus que de moi et de ma volonté à l’accepter. Ce déclic, ce peut être des mots prononcés par une tierce personne, des mots d’un bouquin, des vidéos sur des chaines youtube, une rencontre…. Mon premier déclic a été la réaction de mon ex belle-mère que je n’avais pas revue depuis des années et qui est entrée dans une colère noire en voyant mon état. Ce jour là, elle a jeté tous les médicaments que mon généraliste m’avait prescrits et qui m’abrutissaient. Je n’étais plus moi-même, et elle avait raison sur ce point.

        Oui tout cela mériterait que l’on s’y penche plus sérieusement, sous forme de biller peut-être ?

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        1. Maud dit :

          oui tu as raison…. gros bisous ma chérie

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          1. sandmayer dit :

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        2. Merci pour ces éléments de réponse.
          Le déclic… ça fait rêver… mode « il suffira d’un signe », « les eaux s’ouvriraient », « l’espoir changea de camp, le combat changea d’âme » ou quelque chose comme cela…
          Oui, comment on provoque le déclic ? Comment on sent que le moment est arrivé, on y va, on oublie tout le reste, et on décolle ?

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          1. sandmayer dit :

            Bonsoir,
            Dans mon cas, ce sont les autres qui ont provoqué le déclic. Comme dit plus haut, j’étais vraiment au fond du gouffre, je n’avais plus goût à rien, et je pensais à mourir. j’avais perdu 10 kg et je passais mes journées couchée, à réfléchir à comment ne pas rater mon suicide cette fois. je pensais même être un fardeau pour mes enfants. Je ne m’en rendais pas compte à l’époque mais j’étais abrutie par les médicaments. Plus maître de mes pensées. C’est ma belle-mère qui a provoqué ce premier déclic ( mais c’était encore loin d’être gagné ) avec des paroles assez dures. Pas contre moi mais contre les médecins ( lire aussi l’article de zenopia à ce sujet ), Elle m’a obligée à me souvenir de la femme que j’étais avant et m’a un peu secouée. Suite à ça, ma guérison m’a quand même prit un peu plus de deux ans.
            Aujourd’hui j’ai beaucoup pensé à nos échanges de ce matin, et je me suis souvenue que j’étais allé voir une médium avec la photo de mes proches ( j’ai perdu tous les miens, mais j’ai encore, dieu merci mes deux enfants ). Grace à cette médium j’ai parlé avec  » mes morts « . On n’y croit ou pas, peu importe, l’important est que je peux dire qu’elle fait partie des personnes qui m’ont sauvée. J’ai souffert d’un burn out parce que je travaillais trop, mais mon plus gros problème venait du fait que je vivais dans le passé, avec mes morts, j’étais comme morte avec eux et je culpabilisais d’être en vie et pas eux. Du coup je m’interdisais le bonheur, je m’interdisais d’éclater de rire … Une fois que j’ai comprit la raison de mes souffrances j’ai pu guérir et aujourd’hui tout cela est loin derrière moi.
            Maud, pardon pour mes longs commentaires. J’espère que ça ne pose pas de soucis.

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            1. Maud dit :

              bien au contraire poupée…..
              Par contre j ai commencé à aller mieux quand une personne m’a dit quelqu’un te manque et mets
              une bougie avec toi pour signifier que tu penses à elle.

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  4. C’est courageux. C’est très courageux. Moi je suis terrorisé à l’idée que ça se voie. À l’idée de tout perdre si ça se voie, ou si ça se voie trop. Je sens bien que ce n’est pas tenable. Mais j’ai peur de perdre le reste. Alors je m’accroche à mon radeau. Il ne faut pas que ça se voie.
    Bonne chance pour trouver le rivage sans te noyer.

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    1. Maud dit :

      moi j ai perdu tellement mais tant pis….. c est la vie.

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  5. lafabuleusetoulousaine dit :

    Waouh 😎 !! Je tire mon chapeau avec autant de courage. De nos jours, les personnes se livrent de moins en moins et surtout par manque de temps hélas, de confiance aussi. Félicitation et cela montre une bonne résolution pour débuter cette nouvelle année 🎇.
    Bénédicte 😃

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  6. zenopia dit :

    Je crois qu’il faut pouvoir dire quand on va mal… Courage ma belle ❤

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  7. Thierry dit :

    « Mon psy me dit il y a une chose qui peut vous sauver c’est l’amour, car l’amour est un véritable soutien… »
    Alors pourquoi tu le fuis cet amour Maud ?…

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    1. Maud dit :

      Car j ai peur, peur d’avoir mal encore, je ne peux plus souffrir, je ne peux plus avoir mal, je vais trop mal pour ça…….

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      1. Thierry dit :

        La peur n’évite pas le danger… Et la peur ne fait pas avancer Maud

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        1. Maud dit :

          j’ai pris des risques….. et je me suis toujours plantée

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          1. Thierry dit :

            Prendre des risques avec la peur au ventre même inconsciente c’est s’assurer de l’échec

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            1. Maud dit :

              Je sais que trop bien!

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              1. Thierry dit :

                Donc tu comprends pourquoi tu échoues. Le pb n’est pas de prendre des risques mais de ne plus avoir peur d’en prendre à condition qu’ils soient mesurés bien sûr. Et ça tu le sais aussi je suppose.

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                1. Maud dit :

                  Mon coeur j ai un téléphone tu peux sppeker

                  J'aime

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